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TALENT NI KAZI

il y a 6 heures
4 min de lecture

« Le talent, c’est du travail. »


Révéler les talents des jeunes au Centre d’autonomisation de la jeunesse de Muchatha.


Margaret Kimemia

Leader des jeunes

Visite sur le terrain : 26 août 2026


Centre d’autonomisation des jeunes de Muchatha, lors d’une visite sur le terrain le 26 août 2026.
Muchatha Youth Empowerment Centre during a field visit on 26 August 2026.

Une visite à Muchatha


Muchatha est une localité située dans le comté de Kiambu, au Kenya, le long de la route de Limuru. Le 26 août 2026, j’ai visité le Centre d’autonomisation des jeunes de Muchatha, situé près de l’arrêt de bus de Muchatha School, afin d’en savoir davantage sur les possibilités offertes aux jeunes de la région.


Ce centre a pour vocation d’offrir aux jeunes un espace où ils peuvent acquérir des compétences, découvrir leurs talents et accéder à de nouvelles opportunités. Cependant, lors de ma visite, le centre était fermé et aucune activité destinée aux jeunes ne s’y déroulait.


Cette situation soulève une question importante : comment pouvons-nous encourager les jeunes à devenir autonomes (kujitegemea, en swahili) si les structures créées pour leur permettre d’acquérir des compétences ne sont ni actives ni accessibles ?


Que signifie « kujitegemea » ?


In this article, kujitegemea means becoming more self-reliant: gaining practical skills, knowledge, confidence and opportunities that can help a person pursue work, enterprise or other productive livelihoods.


L’article 55: un engagement constitutionnel


L’article 55 de la Constitution kényane de 2010 prévoit que l’État doit prendre des mesures, notamment des programmes d’action positive, afin de garantir aux jeunes l’accès à une éducation et à une formation adaptées, la possibilité de participer à la vie politique, sociale, culturelle et à d’autres domaines de la société, ainsi que l’accès à des possibilités d’emploi.


À Muchatha, cet engagement constitutionnel devrait se traduire par des opportunités concrètes à l’échelle locale. Un centre d’autonomisation des jeunes ne devrait pas se résumer à un bâtiment ou à une simple enseigne sur un mur : il devrait être un lieu où les jeunes peuvent réellement apprendre, nouer des liens et se construire des perspectives d’avenir.


La même jeune femme se tient devant le bâtiment, le regard détourné de la caméra, tourné vers la porte.
Le bâtiment du Centre d’autonomisation des jeunes, photographié lors de la visite.

Créer des passerelles entre le centre et l’enseignement et la formation techniques et professionnels (TVET).


J’ai également visité un établissement d’enseignement et de formation techniques et professionnels (TVET) situé à proximité. Le TVET (Technical and Vocational Education and Training) permet d’acquérir des compétences pratiques et techniques directement applicables dans le monde du travail. L’établissement que j’ai visité affichait plusieurs formations, notamment en électricité et câblage électrique, mécanique automobile, techniques du bâtiment, mode et stylisme, restauration et transformation alimentaire, technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi qu’en informatique et bureautique.


On m’a indiqué que les formations devaient reprendre le 9 septembre 2026. Cette situation offre au Centre d’autonomisation des jeunes et à l’établissement de formation professionnelle une occasion de développer leur complémentarité : le centre pour jeunes pourrait jouer un rôle dans l’information et la sensibilisation, le mentorat, le développement des talents et l’orientation vers les formations adaptées, tandis que le TVET assurerait un enseignement technique et professionnel structuré.


La jeune femme se tient sur le côté, la main tendue, et désigne une liste des cours proposés affichée sur un mur.
Formations techniques et professionnelles (TVET) affichées près de Muchatha.

Que pourrait offrir un centre pour jeunes redynamisé ?


Muchatha a besoin d’un espace dédié aux jeunes, où ils pourraient se retrouver pour apprendre, créer et développer leurs projets. Les jeunes sont prêts à acquérir de nouvelles compétences et à développer leurs talents. Ce lieu pourrait proposer des activités variées, notamment le théâtre, la danse, la musique, le sport, les compétences numériques, l’entrepreneuriat, le mentorat et d’autres activités pratiques.


Un centre pour jeunes pleinement opérationnel leur offrirait également un cadre constructif dans lequel ils pourraient occuper leur temps, tisser des liens enrichissants et cultiver leurs centres d’intérêt. Encourager les jeunes à participer à des activités utiles et valorisantes peut contribuer à réduire leur exposition aux influences néfastes et aux environnements dans lesquels ils risquent de perdre leur temps et de ne pas exploiter pleinement leur potentiel.


Écouter avant d’agir


Cette visite constituait une première observation sur le terrain et ne visait pas à tirer des conclusions sur les raisons de la fermeture du centre. Je n’ai pas organisé de mobilisation locale pour demander sa réouverture. La prochaine étape consistera à identifier le groupe ou l’institution responsable du centre et à prendre contact avec ses représentants afin de faire le point sur la situation actuelle, de savoir si une réouverture est envisagée, à quelle échéance elle pourrait avoir lieu et quels obstacles restent à surmonter.


Il est tout aussi important de donner la parole aux jeunes de Muchatha. Quelles compétences aimeraient-ils acquérir ? Quels programmes leur permettraient de développer leurs talents et susciteraient leur intérêt ? Qu’est-ce qui ferait de ce centre un lieu qu’ils auraient réellement envie de fréquenter ? Leurs réponses devraient contribuer à définir l’avenir de cet espace.


Nous ne pouvons pas continuer à demander aux jeunes de se prendre en main et de devenir autonomes (kujitegemea), tout en les privant des possibilités de développer leurs compétences.



Références et ressources



TVET Authority (TVETA): https://www.tveta.go.ke/


Toutes les photos : Margaret Kimemia | Visite sur le terrain, 26 août 2026

 
 
 

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