Des enfants qui changent le monde
- 19 mai
- 5 min de lecture
Des enfants solidaires de la Première Nation Kebaowek, au Canada
Le combat contre le site d’enfouissement de déchets nucléaires de Chalk River
par Lindsey Barr

Je m’appelle Lindsey et je suis la fondatrice de World-Changing Kids (WCK), une organisation citoyenne engagée auprès des enfants pour rendre le monde meilleur. Dans ce cadre, j’anime l’Upstanders Academy, un programme en ligne d’apprentissage expérientiel à la justice sociale destiné aux jeunes de 12 à 16 ans. Mes jeunes engagés (« Upstanders ») et moi-même avons aujourd’hui des informations importantes à partager avec vous, ainsi qu’un appel à l’action.
Saviez-vous que la Première Nation Kebaowek lutte actuellement contre la construction d’un site d’enfouissement de déchets nucléaires :
à Chalk River,
sur leur territoire,
à 1,1 km de la rivière des Outaouais qui est une source d’eau potable pour des millions de Canadiens,
au-dessus d’un socle rocheux poreux et fissuré, avec d’importants écoulements d’eaux souterraines vers la rivière des Outaouais,
entraînant la destruction de 91 acres de forêt ancienne,
dans une zone sismique ?
Ces déchets resteront radioactifs, et donc dangereux, pendant très longtemps : certaines sources parlent de plus de 300 ans, tandis que d’autres affirment qu’ils resteront radioactifs pendant des millénaires.
Et ce n’est qu’un aperçu des nombreux problèmes liés à ce projet.
« L’eau, c’est la vie ! C’est une vérité. Cela me rend triste de voir combien de personnes considèrent comme acquise cette ressource vitale qui nous donne une chance de survivre sur cette planète que nous appelons notre maison. L’eau nous apporte tant, et en retour, nous devrions la traiter avec le même respect. » - Ruby, Upstander, 16 ans
« À mon avis, certains responsables politiques croient réellement en la réconciliation, mais la plupart non. Beaucoup multiplient les promesses sans jamais les tenir. Ils utilisent la réconciliation comme un simple discours de façade. » - Izzy, Upstander, 14 ans
Vous pouvez regarder cette vidéo que mes jeunes Upstanders et moi avons réalisée pour une explication plus détaillée du problème
Contexte : détails de la contestation judiciaire
Les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) ont proposé en 2016 la création d’une installation de stockage en surface (NSDF – Near Surface Disposal Facility) à Chalk River afin de gérer des déchets radioactifs de faible activité. En janvier 2024, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a approuvé une modification du permis des LNC autorisant la construction de cette installation. La Première Nation Kebaowek affirme que cette approbation a été accordée sans consultation adéquate et sans son consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), conformément aux principes énoncés dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). Pour en savoir plus sur la DNUDPA, vous pouvez regarder cette vidéo que mes jeunes Upstanders et moi-même avons réalisée.
En février 2024, la Première Nation Kebaowek a déposé une demande de contrôle judiciaire de la décision de la CCSN, estimant que la Couronne n’avait pas respecté son obligation de consultation et d’accommodement. En mars 2024, une autre contestation judiciaire a été déposée concernant des permis délivrés dans le cadre de la législation fédérale sur les espèces en péril.
L’affaire Première Nation Kebaowek c. Laboratoires nucléaires canadiens a été entendue devant la Cour fédérale en juillet 2024. En février 2025, la Cour fédérale a jugé que la décision de la CCSN était déraisonnable, car elle n’avait pas suffisamment pris en compte la DNUDPA dans son évaluation du respect de l’obligation de consultation. La Cour a ordonné la reprise des consultations avec la Première Nation Kebaowek afin de mettre en œuvre de manière significative les principes de la DNUDPA, y compris le consentement libre, préalable et éclairé (CLPE). Ce nouveau processus de consultation doit être achevé d’ici le 30 septembre 2026, après quoi la CCSN devra réexaminer sa décision.
Dans le cadre du contrôle judiciaire fondé sur la Loi fédérale sur les espèces en péril, la Cour fédérale a estimé que les autorités compétentes n’avaient pas examiné « toutes les solutions de rechange raisonnables » lors du choix du site prévu pour l’installation NSDF. L’évaluation s’est principalement concentrée sur les terrains appartenant à Énergie atomique du Canada limitée (EACL), sans examiner de manière adéquate si d’autres emplacements situés en dehors des terrains de l’EACL auraient pu réduire les impacts sur les espèces en péril et leurs habitats.

À la suite de ces décisions, les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) ont interjeté appel des jugements de la Cour fédérale, tandis que la Première Nation Kebaowek a déposé un appel incident. Ces recours ont été entendus par la Cour d’appel fédérale le 8 octobre 2025.
À cette occasion, un rassemblement de soutien a été organisé afin de montrer que les communautés, la société civile et des responsables issus de différents secteurs restent mobilisés pour la protection de l’eau, de la biodiversité et des droits des peuples autochtones. Une décision de la Cour d’appel fédérale est actuellement en attente.
Notre appel à l’action

Mes jeunes et moi-même avons participé au rassemblement de soutien afin d’exprimer notre solidarité avec la Première Nation Kebaowek. Sur place, nous avons eu l’occasion de rencontrer Leah Gazan qui, de manière totalement inattendue, nous a proposé de travailler à une pétition adressée à la Chambre des communes sur cette question. Elle nous a expliqué que si nous parvenions à recueillir 500 signatures pour la pétition électronique avant la date limite du 8 juillet 2026, ou 35 signatures sur la version papier, elle lirait la pétition à la Chambre des communes et nous inviterait à y assister. Nous avons accepté cette proposition avec enthousiasme.
Nous avons travaillé avec Justin Roy, Levin Chamberlain de RAVEN et Noah Kathen du bureau de Leah Gazan, à l’élaboration de cette pétition, qui a été publiée le 10 mars 2026. Nous avons atteint les 500 signatures dès le 24 mars 2026 !
Vous pouvez accéder à cette pétition en ligne ici.
Une version papier de la pétition est également disponible ici.
Vous pouvez l’imprimer et recueillir des signatures au sein de votre communauté. Une fois les 35 signatures obtenues, vous pourrez envoyer la pétition au bureau de Leah Gazan. Nous avons même obtenu la signature de David Suzuki sur notre pétition papier lors de son passage à Ottawa !

Mais atteindre les 500 premières signatures de la pétition électronique n’est qu’un début. Nous travaillons maintenant avec Justin Roy à la création d’une présentation que des élèves de partout au Canada pourront utiliser pour parler de cette question à leur classe. Ils pourront ensuite inviter leurs camarades à signer la pétition, sous forme électronique ou papier, à écrire une lettre au Premier ministre à l’aide du modèle que nous avons créé, et à imaginer d’autres moyens de sensibiliser le public au projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires et de montrer leur soutien à la Première Nation Kebaowek.
Nous sommes en train de construire un puissant mouvement citoyen mené par des jeunes afin d’obtenir la meilleure solution possible pour le stockage de ces déchets nucléaires : une solution qui pense aux sept générations à venir et à la protection de l’eau.
Pour suivre l’évolution de cette initiative, vous pouvez suivre World-Changing Kids sur Facebook et Instagram, et vous inscrire à leur newsletter sur leur site web.










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