Nous pouvons y remédier
- Tom Vermolen

- il y a 6 jours
- 4 min de lecture
5 étapes pour communiquer efficacement sur les solutions climatiques
Nos remerciements à la Professeure Kimberly Nicholas, PhD, pour nous avoir aimablement autorisés à reproduire ce billet, initialement publié sur son blog We Can Fix It.

« Parler d’action climatique permet de briser l’illusion que les autres s’en moquent, de renforcer le sentiment de communauté et d’inspirer autour de soi. »
« Alors, comment éviter le piège du “soit l’un, soit l’autre” quand on parle d’action climatique ? Voici quelques conseils rapides pour aborder ensemble l’action individuelle et l’action systémique. À vous de jouer ! »
1. Reconnaître les rapports de pouvoir et la responsabilité
La responsabilité climatique est proportionnelle au pouvoir. Il est BIEN ENTENDU que les gouvernements doivent être tenus responsables de la mise en œuvre de leurs engagements climatiques. À dire vrai, la plupart de leurs politiques sont aujourd’hui largement insuffisantes. (Consultez les résultats de votre pays sur Climate Action Tracker et engagez-vous au sein d’un collectif climatique, ou contactez directement vos représentants pour exiger des politiques plus ambitieuses.)
Tenir les entreprises pour responsables, notamment au regard de l’historique de déni, de retard et d’obstruction de l’industrie des énergies fossiles. Mettre en lumière la stratégie des acteurs puissants qui invoquent la responsabilité individuelle (par exemple en affirmant qu’ils « ne font que satisfaire la demande ») pour se soustraire à leur responsabilité systémique. Agir au travail et comme investisseur pour ne plus soutenir les entreprises des énergies fossiles.
2. Présenter les solutions conjointement
Parler conjointement des solutions individuelles et des solutions systémiques, et non de manière isolée. Mettre en évidence leur complémentarité, plutôt que de les opposer comme des alternatives. Comme l’écrivent Omid Ghasemi et ses collègues, créer une fausse dichotomie renforce « la croyance erronée selon laquelle un seul type de politique suffirait, alors que le succès des solutions systémiques dépend souvent de la confiance, du soutien et des comportements individuels ».

3. Se concentrer sur les actions à fort impact !!
Prioriser les actions climatiques efficaces (Sans mentionner le recyclage.) Les études montrent que nous avons beaucoup de mal à identifier les actions les plus efficaces, et que l’attention se porte excessivement sur les comportements des consommateurs.
Renforcer le sentiment d’efficacité personnelle, en apportant des preuves et des expériences concrètes montrant que les actions à fort impact font réellement la différence.
S’appuyer sur le guide SHIFT pour prioriser les actions et faire le lien entre action personnelle et action systémique, à travers les rôles de citoyen, de professionnel, d’investisseur, de consommateur et de modèle pour les autres.
4. Assumer la responsabilité de ce que NOUS pouvons changer
Tenir les géants de l’industrie et les responsables politiques pour comptables de leurs actes ne vous dédouane pas totalement. Si vous faites partie des gros émetteurs (petit test rapide : avez-vous pris l’avion au cours de l’année écoulée ?), vous avez, vous aussi, du travail à faire !
Des changements personnels de la part des gros émetteurs (et non des personnes marginalisées aux faibles émissions) sont également nécessaires ; il s’agit d’un et/et, pas d’un ou/ou.
Soutenir que seuls des changements politiques sont nécessaires, et non des changements individuels, est une manière de nier sa responsabilité. Je suis tout à fait d’accord pour dire que les personnes à faibles revenus sont limitées dans leur capacité à modifier leur mode de vie, mais elles n’ont pas à le faire : ce sont déjà elles qui génèrent les plus faibles émissions. J’ai en revanche moins de sympathie pour les surconsommateurs de carbone relativement aisés qui affirment qu’ils changeront uniquement si tout le monde est contraint de changer en même temps.
La responsabilité est proportionnelle au pouvoir. Bien sûr, certaines personnes disposent d’un pouvoir et d’une responsabilité bien supérieurs aux miens : des dirigeants du secteur pétrolier aux pratiques trompeuses, ou des responsables politiques qui ont repoussé la question climatique d’un cycle électoral à l’autre. Mais cela ne me dédouane pas de ma propre responsabilité : faire ce que je peux, ici et maintenant, pour contribuer à prévenir l’effondrement climatique, en commençant là où je me trouve.
-Kimberly Nicholas, Under the Sky We Make
5. Se connecter aux valeurs
Relier les actions aux valeurs personnelles. Les recherches montrent que « le fait de réfléchir à ses comportements en lien avec ses valeurs ou son identité augmente effectivement le soutien aux politiques climatiques et amène les individus à percevoir des mesures telle qu’une taxe carbone comme étant en accord avec leurs valeurs et leur identité, même lorsque ces mesures ont un coût personnel ».
« Voilà, mesdames et messieurs : le mot de la fin sur la relation mutuellement renforçante entre l’action individuelle et l’action collective ! Cela devrait clore ce débat une bonne fois pour toutes… ou du moins jusqu’au prochain post sur les réseaux sociaux où ressurgira cette fausse dichotomie. »

La professeure Kimberly Nicholas, scientifique et professeure associée en sciences de la durabilité globale à l’université de Lund, en Suède, décrit l’urgence de rompre totalement avec le paradigme de l’exploitation — qui a ravagé notre planète au nom du profit — pour adopter un paradigme de la régénération. Il s’agit d’une réévaluation profonde de notre manière d’habiter une planète vivante, de ce à quoi nous accordons une véritable valeur dans nos vies, et de la façon dont nous pouvons élaborer collectivement des stratégies pour avancer vers un avenir inclusif et durable. Son livre inspirant, Under the Sky We Make: How to Be Human in a Warming World, offre un témoignage à la fois sincère et rafraîchissant de ses expériences personnelles et émotionnelles face au changement climatique, et montre comment nous devons trouver un sens profond dans les transformations que nous sommes appelés à opérer.









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